Variations vegan par Pierre Yves Lador

ESSAI

Mars 2018

264 pages

16x22 cm

CHF 24/EUR 20

isbn : 978-2-940522-62-0

 

Extraits :

Variations vegan est un pamphlet. Les propos pourront déranger, être mal lus, si l’on ne comprend pas que les liens ne sont pas autant de comparaisons parce que rien ne se compare, il ne faut pas être stupide ni diabolique : le diable est doublement bête.


A l’origine, Lador se pose la question de l’alimentation vegan, une mode portée par Andonia Dimitrijevic, et imagine un texte qui célébrerait les vertus de la chose pour L’Âge d’Homme. Cependant, bien vite, les contradictions du sujet l’éloignent du prestigieux éditeur. C’est que, comme l’enfer, le vegan est semé de bonnes intentions et contient, en son germe, ses excès, ses exceptions, ses bizarreries et ses impossibilités. Ainsi de l’avocat (le fruit, pas le Genevois) qui heurte la terre plus que la viande de bœuf, AOC suisse il va de soi, et ainsi du reste, car les certitudes, fussent-elles vegan, sont aussi erronées que leur contraire. Lador l’écrit, tout est dans la dialectique du tiraillement. Il faut parfois revenir sur ses pas.


De l’exemple vegan, Lador trace des routes parallèles ou perpendiculai-res qui font lien, c’est toute l’étymologie de l’intelligence, avec des sujets dits sociétaux. Ainsi, en toile de fond, on s’aperçoit que l’obsession des minorités conduit à des dérives qu’on peut débattre.

Après des études de lettres, bien nommées car l’esprit n’y souffle guère, PIERRE YVES LADOR enseigne de vaisseau, mais pris de mal de mère il va prêter des livres à la bibliothèque municipale de Lausanne, belle paysanne qui a fait ses humanités. 
Il dévore pendant un demi-siècle un livre par jour, quinze mille livres ou sept mille cinq cents kilos de romans policiers, de science-fiction, sans compter cinq mille bandes dessinées et devient un spécialiste de la lecture publique et de ce que l’Université peut appeler des mauvais genres ou la paralittérature.

Champion du relativisme absolu, il connaît six points cardinaux, nord, sud, est, ouest, nadir et zénith. Humble comme les bactéries et les champignons qui partagent son enveloppe charnelle, il est l’homme des combes et des cols plutôt que des sommets. Il jardine, arrachant plus souvent qu’il ne sème, peut-être ne s’aime-t-il pas assez ?, admirant la prolifération spontanée de la terre.